mardi 3 janvier 2012

URGENT MESSAGE FROM AUROVILLE


Dear friends of Sadhana Forest,

On Friday December 30, Cyclone Thane hit the states of Tamil Nadu and Pondicherry with heavy rains and wind speeds of up to 135 kph (83 mph) and tidal surges of up to 1.5 meters (5 feet). The cyclone hit the whole coast from Chennai down to Karaikal. Our district, Villupuram, is among the worst hit as the cyclone epicenter hit close to Pondicherry.
Damage to a residency.
Damage to a residency.
Sadhana Forest was highly affected by the cyclone. The storm hit us around midnight and strengthened throughout the morning. Around 2:30 AM on Friday morning, 94 volunteers, including families and children, were evacuated from their living spaces to the safest dormitory in Sadhana Forest. In time, the dormitory roof suffered severe damage and everyone underneath was quickly soaked. Although the conditions were very harsh, all of our volunteers kept their spirits high and cared for each other. We are all thankful for going through this experience in a loving supportive community.



Sadhana Forest suffered damage on every structure. Out of 20 houses of the long term volunteers, 14 have been completely destroyed. This has been our greatest loss. These houses accommodate those who have committed to work with us for a few years or more with complete dedication. Additionally, the roofing material of all the huts including: the main community hut, the kitchen, the dormitories, and the remaining residential houses were blown away by the strong winds. The foundations and safety of most huts are severely compromised due to very wet soil around the structures. Also, the laundry and the shower huts were both ruined by the storm.


In the forest, most of the young TDEF trees that we have planted survived. Unfortunately many of our older trees and Acacias have fallen. The vegetable garden and orchard have been completely devastated. The majority or our fruit trees including all the banana trees, papaya trees, and mango trees were uprooted.
The traumatic experience of the cyclone didn’t hinder the volunteers’ spirits. As soon as the sun reappeared we started clearing the paths, making urgent repairs, drying bedding and blankets, and salvaging belongings from the broken homes. However most of the repairs require the purchase new materials and skilled labor which incur heavy costs.
We need urgent help from all our well-wishers, friends and family around the world.
The total damage to infrastructure is estimated at: 2,800,000 Indian Rupees, equivalent to 41,790 Euros or 52,830 US Dollars.
If you’d like to support rebuilding a long-term volunteer’s hut, it would cost 90,000 Indian Rupees.
Please see the attached spreadsheet with the detailed estimate of all emergency rebuilding costs.
Thank you very much for your care and love for Sadhana Forest.

Lots of love,
Yorit and Aviram

Donate to Support us:
 

Sadhana Forest Emergency Cyclone Repair Estimate

Rebuild


14 Long Term Volunteer Huts at 90,000 each
1,260,000
Couples’ Huts
110,000
Children’s Land Toilet
50,000
Fencing
100,000
Laundry Hut
100,000

Roof Repairs

6 Long Term Volunteers Huts roofs at 50,000 each
300,000
Main Hut Roof
28,000
Family Hut Pillars + Roof
25,000
Solar Panel Hut Roof
15,000
Retreat Hut Roof + Pillars
30,000
Family Hut Roof + cross beam
10,000
Tool Shed roof
10,000
Entrance Hut Roof + cross bean
25,000
Parking roof
10,000
Shower Hut roof
90,000
Toilet dorm roof, broken wood on support
40,000
Middle Dormitory roof
20,000
Training dorm roof
200,000
Kitchen dorm roof
50,000
Kitchen roof
80,000

Pillar Repair

Bike Hut
2,000
Toilets, walls
15,000
Healing Hut
20,000
Old Shower pillar, doors
30,000
Dosa Kitchen pillar
3,000

Replacement of Damaged Equipment

Water Tank
5,000
Children’s Land shade net
15,000
Children’s Land water tower
70,000
Children’s Land PVC pipe
2,000
Solar System new invertor, connectors
85,000
Total Estimate in Indian Rupees:
2,800,000
Total Estimate in Euros:
41,790
Total Estimate in US Dollars:
52,830
 


mercredi 28 décembre 2011

The flow


Dans les années ‘90, Mihaly Csikszentmihalyi définissait le bonheur comme un état indépendant des conditions externes, mais dépendant  plutôt de la façon dont elles sont interprétées, car elles résultent de l’orientation des individus vers des intérêts matériels et/ou immatériels. Son travail est largement connu au grand public à propos de ce qu’il appelle le flow, « l’expérience optimale », clé de l'épanouissement de l'individu, caractérisée par « un état de flux, de mouvement et de concentration vers la réalisation de tâches qui mobilisent toutes les compétences. »[i] 

Si l’on pense aux enfants en particulier, il n’est pas rare de les observer pendant qu’ils en font l’expérience lorsque, par exemple, ils se concentrent sur une activité (un jeu, un dessin, la construction d’un objet...) ou sur l’observation de quelque chose qu’ils aiment spécialement. Regardez cette vidéo du point de vue du flow. Au delà des cris enthousiastes "au genie" (qui me paraissent personnellement deplacés car cette experience est accessible à tout enfant qui aurait accès à des conditions semblables), cette fillette de 4 ans est totalement prise par sa peinture, âme et corps. Ses parents, semble-t-il, ont l'intelligence et les moyens de la laisser faire: un espace lumineux lui est consacré, du matériel, des toiles et des couleurs à profusion, et surtout la liberté de pouvoir jouer avec tout ça, tant pis pour la robe ou les cheveux! 




Je me souviens avoir observée moi-même ma fille de 3 ans lorsqu’elle fabriquait des collages qui rappelaient des tableaux d’art moderne pour leur originalité et qu’elle collait après coup sur la porte de sa chambre. Comme pour la fillette de la vidéo, rien ne pouvait la distraire de cette tâche qui l’absorbait totalement; tout son corps, son visage, ses petites mains étaient en accord avec les gestes qu’elle menait avec une grande précision et une assurance étonnante pour son âge. Transportée par son œuvre, elle rayonnait de bonheur car elle était en contact évident avec celle que Guy Corneau appelle sa propre source créatrice, son égo étant «dilaté par un type d’action où l’on s’oublie soi-même ».[ii] C’est un état où l’identité disparaît de la conscience et la temporalité est suspendue, c’est l’« ouverture d’une porte vers le ciel » comme la décrit un poète interviewé par Csikszentmihalyi. 

Aujourd’hui un nombre grandissant de recherches s’intéresse à l’étude du Flow en contexte éducatif, par exemple pour étudier les questions autour de la motivation des élèves du supérieur, de l’impact des pédagogies actives ou du soutien des étudiants par les enseignants : tâchons de croire qu’elles puissent ouvrir grande la porte à une autre approche de l’éducation, celle qui laisse la place à la joie de l’être.


[i]  Csikszentmihalyi, Mihaly Vivre, la psychologie du bonheur, Robert Laffont, 2004. A ce sujet lire aussi de Dominique Chapot  Et si on choisissait d’être heureux ? Editions du Seuil, 2006
[ii] Csikszentmihalyi, Mihaly La créativité - Psychologie de la découverte et de l’invention, Robert Laffont, 2006.





lundi 19 décembre 2011

Le secret du bonheur? Aimer ce qu'on fait, faire ce qu'on rêve, ...




 avec mes meilleurs voeux de bonheur 
et de joie pour tous! 

mercredi 14 décembre 2011

La joie en période de crise! Emission sur Radio Plaizance


Je suis intervenue le 13 décembre dans l'émission de Bernard Fagot "Regards d'ici et d'Ailleurs". Vous pourrez l'écouter via internet sur : 






Merci à Bernard!



Regards d’Ici et d’Ailleurs RV avec la joie en Périoe de crise !

jeudi 8 décembre 2011

ART, JEU, SPORT: PLAISIRS SUPERFLUS OU LEVIERS EDUCATIFS?


  
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Guillement_ouvert  ART, JEU, SPORT : Guillement_fermé

PLAISIRS SUPERFLUS OU LEVIERS EDUCATIFS ?

Solutions d'entrepreneurs sociaux pionniers

 

86ème rencontre "Alter Mardis : Parlons Solutions"

« Le jeu devrait être considéré comme l’activité la plus sérieuse des enfants », disait le psychologue Bruno Bettelheim.
Dans un contexte d’escalade du malaise à l'école - professeurs déboussolés, violences croissantes, élèves à la dérive, apprentissages en faillite -, il est plus que temps de réfléchir à de nouvelles méthodes pour préparer l’avenir de nos enfants. Avec leurs pédagogies innovantes donnant au sport, au jeu, à l’ouverture artistique une place essentielle, des entrepreneurs sociaux remportent de vrais succès... 

Nombreux sont les enfants pour qui se comporter dans la vie sociale peut relever d’un vrai défi. Cette réalité concerne les enfants en difficultés notoires : enfants des rues, enfants soldats, jeunes délinquants, enfants socialement marginalisés… mais aussi plus généralement tout enfant malmené par la vie, que ce soit dû à un choc affectif, social, scolaire ou psychologique ou à sa situation en général. Tous ces enfants ignorent ou éludent les règles de la société : ils se construisent leurs propres remparts et finissent par se replier sur eux-mêmes.

Comment les aider à se sentir à nouveau exister et à retrouver le chemin de la vie ? Comment les aider ensuite à se réconcilier avec les autres et à retrouver le goût de l’avenir ? Certaines pédagogies basées sur le jeu, l’apprentissage des arts (musique, peinture...) ou le sport, montrent des résultats étonnants. En lui donnant les moyens de s’exprimer, elles permettent à l’enfant d’être valorisé, de reprendre confiance en lui et l’aident à ressentir de nouveau la « joie de vivre ». Elles l’initient à l’apprentissage d’une valeur essentielle pour s’épanouir en société : l’empathie. En bref, elles accompagnent l’enfant sur un chemin de résilience et de socialisation.

Comment s'inspirer des différentes initiatives pionnières d'entrepreneurs sociaux pour provoquer le changement sociétal indispensable ?

En présence de :

  • Martine Roussel-Adam, Présidente de l’associationChemins d’enfance et auteur de l’ouvrage Les jardiniers de l’âme qui raconte et analyse des expériences innovantes dans l’accompagnement des enfants en difficultés à travers le monde.
  • Chantal Mainguené, fondatrice et responsable du développement de l’association  Mom’artre, et fellow Ashoka. Mom’artre propose une solution de garde d’enfants innovante à travers des lieux inédits de prise en charge complète après l’école, où les enfants ont accès à des activités artistiques et culturelles dans un cadre ludique.
  • Antonella Verdiani, consultante et formatrice dans le domaine de l’éducation. Auteure de plusieurs publications sur l’éducation à la paix, la transdisciplinarité et l'éducation à la joie, approche pédagogique qu’elle a fondée.
  • Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, il a mené de nombreux travaux de recherches notamment sur les relations que nous établissons avec les images et nos rapports aux nouvelles technologies (dont les jeux vidéo). Il est l’auteur de très nombreux livres, notamment sur la résilience et l'empathie. 

Retrouvez les prochaines rencontres AMPS sur le site d'Ashoka.

 
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Rendez-vous:

Mardi 13 décembre
de 19h30 à 21h00
au Comptoir général
80, quai de Jemmapes
75010 Paris
M°République/ Jacques Bonsergent

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Roue
INSCRIPTION GRATUITE
MAIS OBLIGATOIRE
INSCRIVEZ-VOUS
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En présence de:

  • Chantal Mainguené, fondatrice et responsable du développement de l’association Mom’artre, et fellow Ashoka.
  • Antonella Verdiani, consultante et formatrice dans le domaine de l’éducation.
  • Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste.

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EN PARTENARIAT AVEC :
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dimanche 4 décembre 2011

Les êtres sont condamnés à la joie

           

Antonella : Dans ton dernier livre* tu nommes la joie en tant qu’expérience personnelle, reliée à ton vécu. Ce sur quoi j’aimerais que l’on échange ce soir part du constat que la joie existe beaucoup chez les enfants, mais que l’école ne fait qu’entasser tout ce potentiel de vie. Est ce que tu penses que la joie est innée ? Est-elle toujours là ou bien elle peut disparaître? Et si oui, peut on aller la « repêcher » au fond de nous?                                      
Guy : Je n’ai pas les mêmes inquiétudes que toi. Les tibétains parlent du fond lumineux de l’être, la joie. Pour moi qui a été près de mourir deux fois, ce que l’on découvre près de la mort ou de l’autre coté de la vie, c’est la joie, une joie pure. Dans les deux cas c’est ce contact avec la joie pure qui m’a guéri, un contact qui dure pendant des semaines, pendant des mois. C’est la béatitude, c’est l’extase.  


A : C’est la joie sans objet...

: Oui, une joie complètement gratuite. J’ai moins d’inquiétudes que toi parce que je pense que de toutes les façons, les êtres sont condamnés à la joie, ils sont condamnés à la liberté. Ils ne peuvent pas abolir la joie ; de même ils ne peuvent pas abolir la lumière, c’est impossible. Il se peut que l’expérience (de la vie) ne se termine pas bien, mais au fond ce n’est pas si grave non plus, la joie reste ainsi que le goût de la joie. On pourrait penser que les soubresauts dans lesquels notre monde passe actuellement, tous ces signes d’éclatement, soient les signaux de la naissance d’un nouveau monde où il y aura plus de joie et plus de lumière. Peut être qu’il va y avoir aussi (dans ce passage) de la douleur, des ruptures et des conflits très importants , mais au fond ces excès préparent la venue d’un nouveau monde qui va vers des choix plus essentiels, donc vers la joie et la lumière. Je ne suis pas quelqu’un de très religieux, mais je souhaite vraiment l’avènement d’une religion de la Lumière.  Ce qui m’intéresse est que les êtres humains se reconnaissent en tant qu’êtres lumineux, des êtres créateurs qui sont venus exprimer la lumière dans le monde, de l’amour, de la joie.


Maintenant, si l’on regarde du coté de l’éducation
et en particulier à propos du lien entre ce que tu appelles l’aspect transcendantal et l’aspect horizontal, quand est ce que les êtres humains expriment de la joie dans leur vie?  C’est quand ils expriment quelque chose qui vraiment fait partie de leur essence, de leur élan de vie, de leur élan créateur ! C’est vrai pour les enfants et les adultes : que tu sois content d’avoir réussi des recettes de cuisine, que tu fasse une cabane à moineaux de tes propres mains ou que tu fasse pousser des légumes, là il y a une joie qui est liée à ce que tu as accompli et qui t’as remis en contact avec la vie créatrice. Comme Jung, je pense que les êtres humains sont essentiellement créateurs, que l’inconscient est essentiellement créateur. Toutes les fois que l’on est dans l’élan créateur ce qui répond c’est la joie, la joie dans l’être qui est à la fois très horizontale et très communicative, et qui permet  de toucher au fond et à la nature essentielle de l’être, la joie pure.

A : Je suis d’accord, mais ne trouves tu pas que telles qu’elles sont structurées aujourd’hui, les écoles ne font que tuer cette créativité ?

: Oui, t’as raison, mais ce n’est pas vrai que c’est seulement l’école qui fait ça ; c’est nous qui le faisons à nous mêmes. Car quand tu es dans cet état de joie très profonde, tu te rends compte que tu as passé 99% de ta vie à résister à la joie. Ce n’est pas vrai que c’est l’école ou les parents qui le font, c’est toi qui te le fais à toi même ! Nous sommes construits de façon telle que la réponse que nous donnons à l’angoisse de vie est dans la recherche de reconnaissance ; ainsi on s’aliène des parties plus joyeuses de soi même et on en a peur. Les êtres humains ont peur de la joie parce que la joie les ouvre !


: Je donne aussi une interprétation « politique » à ce phénomène car je pense que le système éducatif actuel n’est que l’expression de ce monde qui est en train d’éclater aujourd’hui, lequel est fondé sur la peur. Ainsi on nous apprend depuis tout petits à respecter beaucoup de règles et d’interdits. Par exemple, il y a une expression française qu’on apprend très tôt aux enfants à l’école et en famille qui est: « tu n’as pas le droit ... de faire ceci, de faire cela », comme si au fond on n’avait pas le droit de devenir les créateurs de notre propre vie. Donc si on inverse le processus comme on le fait dans l’éducation à la joie, on peut essayer d’aller dans l’autre sens en partant de la richesse qui est déjà là: on reconnaît d’abord la joie en soi, dans l’enfant, et par la joie on arrive à se libérer, comme tu le dis.

G : Oui, mais il faut que tu trouves des leviers éducatifs qui permettent ça. J’ai donné une conférence qui s’appelle « Le meilleur de soi et l’enfant » sur la question : quoi dire à des parents qui veulent éduquer leurs enfants en leur permettant de rester en lien avec leur essence créatrice et donc avec la joie qui est liée à cette essence ?

A : Il s’agit de leur apprendre à oser eux mêmes.

G : Oui, mais pour moi la peur ne vient pas de l’école, elle est existentielle dans les êtres humains, qui ont peur de vivre, de naitre, de mourir. Et dans chaque être, indépendamment de l’école, il y a une quête qui va l’obliger de déconstruire quelque chose en lui qui est de l’ordre de la peur, qui va lui faire reconnaitre ses racines, les dépasser et retrouver de la joie. C’est donc de la joie que l’être humain a profondément peur, de sa réelle liberté de créateur, face à lui même, face à la vie.  C’est sur, moi aussi je souhaite une école qui soit plus attentive à ça, mais je mesure l’étendue de la tâche...

A : Enorme !

: Elle est énorme parce que toutes les structures sociales vont être en jeu. Et je suis convaincu qu’elles vont changer...

A : Elles vont éclater ! C’est triste à dire, mais je suis confiante en quelque sorte dans le malaise des parents, des élèves, mais surtout des enseignants qui n’en peuvent plus.

G : Ils sont sur la ligne de front. Quand j’avais mon cabinet de psychanalyste je recevais beaucoup d’enseignants et je leur disais : « ce n’est pas seulement vous qui êtes malade, mais le système dont vous faites partie et donc dans ce sens, ne prenez pas tout comme personnel. » Car c’est une maladie collective, une lutte continue (du système) contre les différences, dérivée de la difficulté de nous entendre, de nous harmoniser. 

A : Mais il y a de l’espoir, n’est ce pas ?

G : Il y a de l’espoir, mais aussi beaucoup de heurts et des ruptures dans les vies individuelles de gens, avec beaucoup de tourmentes. Chaque personne est convoquée à des choix très personnels : « Est ce que je choisis la paix, la joie ? Est ce que je choisis l’amour, d’exprimer la partie lumineuse de moi même ? Et même de la découvrir ? Ou bien, est ce que je choisis d’être un esclave des conditions ambiantes ? » Parce que dans ce dernier cas, c’est  la souffrance qui t’attend. Mais en même temps ces cassures sont nécessaires pour permettre que le fruit s’épanouisse !

Je regardais l’autre jour avec mon fils de 11 semaines une statue de Bouddha qui l’attirait et le fascinait beaucoup. Quand on regarde une statue de Bouddha, on y voit l’expression de la pureté humaine. Je pense que chacun de nous est invité à laisser émerger une chose aussi pure, aussi simple, lumineuse mais aussi fragile.  Je me dis que c’est vraiment à ça que chaque être humain est convoqué : à une maîtrise complète de soi même, une maîtrise de l’esprit, du cœur, du corps, du comportement, de tout... C’est un achèvement fantastique, un accomplissement très joyeux, mais quand tu mesures la distance (qui existe) avec ça, tu te dis, « wow, moi je suis « en chantier » par rapport à ça, comme une pierre brute.  Comment donc je vais arriver à laisser émerger la joie ? ». Pour moi c’est tout l’intérêt de la chose. Bien sûr, on peut arriver (à entreprendre) cette voie là par  l’éducation.

En ce qui me concerne dans mes conférences, je cherche à éveiller chez les individus le goût d’aller vers la joie et de l’exprimer dans leur vie, de découvrir et d’exprimer l’amour qu’ils sentent, parce que des toutes les façons le bonheur lui même repose là-dessus. Dans ce sens là, je ne suis pas inquiet car des toutes les façons la joie est l’appel profond de chaque être humain.

Merci à Guy de m'avoir accordé cet entretien, réalisé en octobre 2011 à Montréal, dans le cadre de la rédaction de mon livre Eduquer la joie à paraître en 2012 aux édition Actes Sud. 



*Guy Corneau, Revivre! Les éditions de l'Homme
www.guycorneau.com

mercredi 9 novembre 2011