dimanche 19 juillet 2015

Le sens de l'éducation: Eduquer pour éveiller les consciences


Éduquer pour éveiller les consciences 


« Vouloir devenir enseignant c’est vouloir transmettre des savoirs, donner le goût d’apprendre, éveiller les consciences... » affirmait il n’y a pas très longtemps, l’ancien ministre de l’Education nationale Vincent Peillon à l’occasion du lancement des ESPE, les nouvelles écoles de formation des futurs enseignants. Eveiller les consciences ! C’était bien la première fois, à ma connaissance, que l’on utilisait ces deux mots ensemble dans le contexte de l’école. A mes oreilles ceci a sonné comme un présage de changement à l’intérieur d’une institution historiquement si réfractaire à traiter des sujets comme la conscience combiné avec celui de l’éveil...

Que voulait dire le ministre par éveiller les consciences ? Et de quelle(s) conscience(s), de quel éveil, parlait-il? Etait-il, ce message, un timide signal qu’un changement de cap est en cours à l’école? Un besoin de redonner à l’éducation du sens au sein de notre monde malade, et contribuer au développement d’une autre conscience pour l’humanité ? La nouvelle ministre s’étant apparemment placée dans la continuité de son prédécesseur, nous aurons peut-être l’occasion de savoir qu’est ce que cela signifie concrètement dans les temps qui viennent. Pour le moment, l’envie m’est venue de reprendre ces mots éveiller les consciences et y ajouter le complément par l’éducation pour ouvrir le débat sur l’unique question essentielle par rapport à l’éducation, celle de son sens. 

Pour un souci de cohérence, il serait d’abord utile dans cet article de s’entendre sur le mot conscience, car nous n’en avons pas tous la même représentation. Idéalement, la discussion interpellerait des multiples domaines de la connaissance humaine, comme la philosophie, la morale, l’éthique, la psychanalyse, la médecine, les neurosciences, l’écologie, les arts, les religions et la spiritualité . Ceci n’est pas le lieu, mais nous pourrions affirmer que le mot conscience est par excellence un concept qui ouvre à la transdisciplinarité, en se plaçant au delà et à travers ces disciplines évoquées et même d’autres, pour à la fois les contenir et les dépasser. Je me limiterai donc à quelques digressions qui pourraient servir, par exemple, à ces futurs enseignants qui se posent des questions sur leur rôle d’éveilleurs des consciences.

Conscience morale, conscience de soi 
Souvenez-vous du Grillon-qui-parle de Pinocchio, ce personnage qui lui disait la « vérité essentielle » ... une vérité  tellement insupportable à entendre que Pinocchio lui envoya un coup de marteau sur la tête en le laissant collé au mur, raide mort ! Mais puisque la conscience morale (car c’est bien de cela que s’agit-il) ne meurt jamais, le Grillon revint en tant que fantôme pour rappeler à Pinocchio que les enfants sages doivent obéir à leurs parents, aller à l’école, apprendre un métier. Telle est sa fonction : en véritable juge de nos actions, la conscience morale nous permet de distinguer le bien du mal. Traditionnellement enseignée à l’école, elle a profité d’un regain de notoriété lorsque le ministre Peillon l’a récemment réintroduite afin « d'aider chaque élève à édifier et renforcer sa conscience morale dans des situations concrètes et en référence aux valeurs communes à tout honnête homme »...

Je ne saurai pas tenir rigueur à Pinocchio, même enfant j’ai toujours trouvé le Grillon-qui-parle très pédant et un tantinet suffisant. Car la marionnette qui voulait manger, boire, dormir, s’amuser et se balader du matin au soir, n’exprimait rien d’autre que les désirs naturels de chaque enfant. Il faut considérer que, dans la vision utilitariste du dix-neuvième siècle[1] où le compte a été écrit, la morale qui consistait à bien dresser les petits pour qu’ils deviennent des adultes obéissants, avait toute sa place. Seulement que - voilà que Pinocchio en saurait très embêté - cette vision de l’éducation et du monde perdure dans la conscience collective des années deux-mille. D’abord « on n’est pas là pour s’amuser » ni dans la vie, encore moins à l’école. Puis, pour être « bon élève » il faut apprendre à obéir sans poser trop de questions, surtout celles qui dérangent, l’école étant encore un lieu où l’on sanctionne encore trop souvent lorsque on commet des erreurs et l’on s’écarte du chemin tracé pour trouver le sien.

La conscience morale ne peut pas exister sans la conscience de soi à laquelle sont attribuées au moins deux significations majeures : la connaissance de l'homme de ses propres pensées, ses sentiments et ses actes, mais aussi sa capacité de percevoir ces mêmes pensées et ces actes. Et voilà que, avec ce concept une autre croyance persistante fait son apparition, dérivée de la pensée cartésienne, qui affirme que la conscience de soi est la prérogative unique de l’humain, en nous distinguant des animaux qui en seraient privés. Ceci malgré le fait que les neurosciences se soient emparées récemment de la question[2], en remettant en cause ce principe et la pensée dualiste qui l’a générée, c’est à dire que l’esprit et le corps sont deux entités distinctes.

Bien que ce soit grâce à ce type de conscience que l’homme se construit en tant que sujet, la conscience de soi n'est pas nécessairement synonyme de connaissance de soi, encore moins de prise de conscience ! Car lorsque la véritable prise de conscience s’opère, un profond bouleversement interne se produit qui investit le corps, les sentiments, la sphère des pensées. Tel un raz-de-marée dans notre psyché, il dépasse les limites du sujet pour finalement devenir conscience de l’Autre, des autres, du monde, de l’univers tout entier. C’est l’émergence d’une conscience plus large, une conscience qui ignore les frontières, pour se relier autour d’une communauté de destin et d’une identité partagée, conditions sine qua non d’une véritable citoyenneté universelle.[3] C’est la promesse d’une conscience terrienne pour l’humanité, dont nous parle Edgar Morin : « l’éthique, dit-il, dont les sources à la fois très diverses mais universelles sont solidarité et responsabilité, ne saurait être enseignée par des leçons de morale. Elle doit se former dans les esprits à partir de la conscience que l’humain et à la fois individu, partie d’une société, partie d’une espèce ».[4]

Comment donc parvenir à cette prise de conscience par l’école ? Certainement pas, telle est ma conviction, par des cours de morale théoriques... Et, même si l’on remplaçait le mot morale par celui d’éthique, qui est plutôt une réflexion argumentée en vue du bien agir fondée sur des valeurs qui devraient orienter nos actions, le souci de faire vivre ces valeurs à l’école serait toujours là. Prenons l’exemple de l’empathie : inutile de l’apprendre sur les livres ou par cœur, l’empathie doit se pratiquer, vivre, se partager ! Imaginer donc d’éveiller les consciences des élèves par des discussions philosophiques provoquées par des proverbes écrits au tableau, ne peut pas contribuer pas au changement de l’école, encore moins des consciences. Car une véritable transformation doit être radicale, courageuse, elle doit oser la transdisciplinarité, en prenant en compte une fois pour toutes la dimension qui manque à l’école, celle de la spiritualité.  
    
Conscience globale
Une autre conscience existe qui englobe le tout. Depuis des millénaires, des sages, des philosophes et des chercheurs en éducation comme Sri Aurobindo, La Mère, Rudolf Steiner, Krishnamurti, mais aussi plus récemment Schumacher, Abraham Maslov, Mathieu Ricard ou le Dalaï Lama même, nous ont montré qu’il est nécessaire, pour évoluer, non seulement d’acquérir des connaissances, mais aussi de stimuler le développement de la dimension de l’être profond. Il nous ont montré que le véritable sens de l’éducation, entendu comme processus tout au long de la vie et donc relevant aussi du champs non-scolaire, réside dans la poursuite de cette connaissance de soi.  Ainsi, dans une telle vision de l’éducation le maître devient un maitre d’éveillance comme le dirait René Barbier.[5] Il devient « celui qui sait qu’il ne sait pas », qui (se) découvre, fait apprendre et apprend en même temps que les autres, tel Jacotot, « le Maître ignorant » de Jacques Rancière.[6] En véritable éveilleur de conscience il connaît l’art du questionnement,[7] il rejette l’affirmation, les réponses toutes faites, les certitudes et les dogmes. 
Voici donc que éveiller les consciences devient un acte de transgression dans la mesure où les savoirs constitués sont questionnés non seulement à partir d’une approche théorique, mais aussi à partir de la connaissance de soi, de la dimension subjective de la personne, de son affectivité, de sa mystique, de son rapport au monde. Et lorsque les connaissances sont convoquées, tous les champs disciplinaires le sont, comme la pratique de la pleine conscience, le yoga, la relaxation, ou encore des pratiques artistiques plus créatives qui commencent timidement à rentrer à l’école.

Cette vision éducative est confortée par la recherche actuelle en psychologie à propos du flow et sa valeur pédagogique. L’état de flow, ou l’expérience optimale[8] advient lorsque, par exemple, les enfants (tout comme les artistes) sont complètement immergés et concentrés dans des activités auxquelles ils s’adonnent, on pourrait dire « âme et corps ». 





Il s’agit d’un état modifié de conscience spontané qui s’articule autour des étapes suivantes, validées dans le contexte éducatif:[9]
• Sentiment de maîtrise/contrôle de l'activité–absorption cognitive
• Perception altérée du temps
• Absence de préoccupation à propos du soi – dilatation de l'ego
• Sentiment de bien-être –activité autotélique

Les sujets interpellé décrivent le flow comme un sentiment d'engagement total et de réussite, un état de bonheur et joie profonde qui ouvre à une autre façon d’appréhender la réalité et donc la connaissance. C’est ainsi que la joie à l’école a toute sa place : utilisée comme émotion-guide, elle nous indiquera que la soif, la curiosité d’apprendre sont là. Il s’agit seulement de la stimuler par des activités qui impliquent la participation de toutes les dimensions de l’humain : le corps, les émotions, l’intellect et l’esprit. Telle est l’approche de l’éducation intégrale, le sens ultime d’une éducation qui ouvre les portes à l’éveil des consciences de nos élèves.


Antonella Verdiani
Basé sur un article paru dans la revue Présence n°2, 2015



[1] Les aventures de Pinocchio ont été écrites en Italie par Carlo Collodi en 1881, au même moment où Jules Ferry lance en France la réforme de l’école sur la base d’une morale laïque, inspirée par les valeurs de l'ordre, du devoir et de la soumission aux hiérarchies sociales.
[2] Le neurologue Antonio Damasio parle de «conscience-noyau », une  conscience phénoménale  que l’homme partagerait avec d’autres espèces animales et qui permettrait la fonction de synthétiser à des cerveaux relativement complexes.
[3] Une conscience européenne est émergée de la recherche menée sur des jeunes français par Nicole Lapierre, Alfredo Pena-Vega, Julien Lefour et Jennifer Vincent L’émergence d’une conscience européenne chez les lycéens. Le cas de la région Poitou-Charentes, Conseil Régional de la Région Poitou-Charentes, 2007 (à paraître aux Éditions Atlantique).
[4] Edgar Morin Enseigner à vivre. Manifeste pour changer l’éducation. Actes Sud/Playbac, 2014
[5] L’expression a été utilisée par René Barbier, professeur émérite en sciences de l’éducation, dans ses cours sur Krishnamurti à l’Université de Paris VIII en 1996.
[6] Jacques Rancière Le maitre ignorant, Fayard, 1987
[7] A ce propos, on rappellera les fameuses classes tenues par Jiddu Krishnamurti dans les écoles fondées par lui-même en Inde, Etas Unis et Angleterre, tradition qui continue de nos jours par les classes dites d’« inquiry » (le questionnement ou l’art de poser des questions).
[8] Mihaly Csikszentmihalyi, Vivre: La psychologie du bonheur, Paris, Editions de poche, 2006
[9] Heutte & Fenouillet, 2010, cités par le Rapport Bien-être et éducation, Fabrique Spinoza, novembre 2013 

mercredi 10 juin 2015

Apprendre à être, l’éducation transdisciplinaire

Dans les années trente Maria Montessori, donnant un cycle de conférences sur l’éducation et la paix,  s’exprimait ainsi : “ L’enfant est pour l’humanité à la fois un trésor et une promesse. En prenant soin de cet embryon comme de notre trésor le plus précieux, nous travaillons à faire grandir l’humanité. Deux choses d’abord sont nécessaires pour la paix dans le monde : tout d’abord un homme nouveau, ensuite la construction d’un environnement qui ne doit plus fixer de limites aux aspirations infinies de l’homme. ”



A peu près en même temps, la science passant de l’ère newtonienne à la révolution quantique, transformait la vision du monde : la physique moderne révèle, en effet, l’unité fondamentale de l’univers qui peut se percevoir de façon globale et non-fragmentée. Aujourd’hui, ce changement de paradigme est intellectuellement intégré. 

Il est donc proposé d’appliquer cette vision non-fragmentée du monde à l’éducation, et aussi de définir l’éducation transdisciplinaire non comme une méthode, mais comme un processus,  une possibilité de “ devenir et d’être ” qui serait offerte à tout individu par cette approche éducative globale.

Le psychosociologue Pierre Weil, dans son ouvrage L’Art de vivre en Paix développe une méthode d’éducation pour la paix sur cette base : “ Une approche holistique tend à réveiller et à développer aussi bien la raison que l’intuition, la sensation que le sentiment. Ce que l’on recherche, c’est une harmonie entre ces fonctions psychiques. Cela correspondrait sur le plan cérébral à un équilibre entre le cerveau droit et le cerveau gauche, et à une circulation de l’énergie entre les couches corticales et sous-corticales du cerveau ainsi que dans le système cérébro-spinal. Alors que l’instruction met l’accent sur le contenu d’un programme et l’acquisition d’un ensemble de connaissances, l’approche holistique montre comment chaque situation de l’existence offre une possibilité d’apprendre. Dans cette approche, on souligne aussi la capacité d’apprentissage et on la développe. Le contexte global et particulier de toute situation acquiert une importance équivalente. Enfin, l’éducation traditionnelle a tendance à conditionner les êtres humains à vivre exclusivement dans le monde extérieur, alors que l’approche holistique se tourne aussi bien vers le monde extérieur que vers le monde intérieur. ”



La vision transdisciplinaire englobe ainsi une compréhension du monde non seulement intellectuelle mais aussi sensible, par la prise en compte de la créativité et de l’art, entendu comme potentiel de créativité présent dans chaque individu. La spiritualité et par elle, la dimension expérientielle de la vie spirituelle, sont des composantes majeures dans cette approche.

Je pense qu’il est urgent que le monde de l’éducation, non seulement celui de la recherche, mais l’école, prépare et éduque les enfants et les jeunes à cette vision du monde. Ceci sera possible si on s’attellera à leur proposer, entre autres, des outils pour “ vivre ensemble ” et pour “ apprendre à être ” par une éducation basée sur le partage des valeurs inter- et trans-culturelles, philosophiques et spirituelles.  

Dans cette optique l’éducation transdisciplinaire consiste notamment à retrouver le véritable sens d’origine de “ éduquer ”, c’est-à-dire “ tirer hors de ”, en réveillant et en développant chez l’individu aussi bien la raison que l’intuition, la sensation que le sentiment, dans une vision transdisciplinaire.  

Cette vision s’oriente vers une société éducative selon le concept de l’éducation tout au long de la vie,  pour la construction continue de l’individu et pour faire face aux défis d’un monde en changement rapide.  Comme le dit également le philosophe Michel Serres (lorsqu’il propose de créer un tronc commun universitaire), il est nécessaire d’unifier les individus dans une vision de la vie qui se fonde sur des valeurs universelles communes à toutes les sociétés, tout en intégrant les valeurs spécifiques à chaque culture et chaque être humain. Développer le sens de la responsabilité et l’esprit critique tel est  l’objectif de l’éducation transdisciplinaire : de plus, les enfants et les jeunes d’aujourd’hui sont éduqués selon un système qui les pousse à la compétitivité et à la compétition. C’est pourquoi, surtout dans les temps qui courent, il est devenu urgent que l’école apprenne à gérer les conflits entre les individus d’une façon non-violente pour transformer des comportements destructifs en actions constructives du point de vue individuel, social, politique et économique.







mercredi 3 juin 2015

Les 10 clés du bonheur...

Voici les 10 clés du bonheur selon Deepak Chopra :


1. Écoutez la sagesse de votre corps qui se traduit par des signaux de confort et d'inconfort. Lors du choix d'un certain comportement, demandez à votre corps, "Comment te se—tu à ce sujet?" Si votre corps envoie un signal de détresse physique ou émotionnelle, faites attention. Si votre corps envoie un signal de confort et d'empressement, allez-y.

2. Vivez dans le présent, car c'est le seul moment que vous avez. Gardez votre attention sur ce qui est ici et maintenant. Cherchez la plénitude dans chaque moment. Acceptez ce qui vient à vous totalement et complètement de sorte que vous pouvez apprécier, apprendre de lui, puis laissez-le aller. Le présent est comme il se doit. Il reflète les lois infinies de la nature qui vous ont apporté cette pensée exacte, cette réponse physique exacte. Ce moment est tel qu'il est parce que l'univers est comme il est. Ne luttez pas contre le système infini des choses. A la place, ne faites qu'un avec lui.


3. Prenez le temps de vous taire, de méditer, de calmer le dialogue interne. Dans les moments de silence, réalisez que vous recontactez votre source de conscience pure. Prêtez attention à votre vie intérieure de sorte que vous puissiez être guidé par l'intuition plutôt que des interprétations imposées de l'extérieur de ce qui est ou pas bon pour vous.


4. Renoncez à votre besoin d'approbation externe. Vous êtes seul juge de votre valeur, et votre but est de découvrir une valeur infinie en vous-même, peu importe ce que pense autrui. Il y a une grande liberté dans cette réalisation.

5. Lorsque vous réalisez que vous réagissez avec colère ou en opposition à toute personne ou toute circonstance, prenez conscience que vous luttez seulement qu'avec vous-même. Le fait de mettre en place de la résistance est la réponse de défenses créées par de vieilles blessures. Lorsque vous renoncerez à cette colère, vous serez votre propre guérison et coopérerez avec le flux de l'univers.

6. Sachez que le monde "là dehors" reflète votre réalité "ici." Les personnes avec lesquelles vous réagissez le plus fortement, que ce soit avec de l'amour ou de la haine, sont des projections de votre monde intérieur. Ce que vous détestez le plus est ce que vous niez le plus en vous-même. Ce que vous aimez le plus est ce que vous souhaitez le plus en vous-même. Utilisez le miroir des relations pour guider votre évolution. L'objectif est la connaissance du soi total. Lorsque vous atteignez cela, ce que vous voulez le plus apparaitra automatiquement, et ce envers quoi vous avez le plus d'aversion disparaîtra.

7. Débarrassez-vous du fardeau de jugement — vous vous sentirez beaucoup plus léger. Le jugement impose le bien et le mal sur des situations qui sont, tout simplement. Tout peut être compris et pardonné, mais quand vous jugez, vous vous coupez de votre compréhension et stoppez le processus d'apprendre à aimer. En jugeant les autres, vous réfléchissez votre manque d'acceptation de soi. Rappelez-vous que chaque personne à qui vous pardonnez ajoute à l'amour de soi.

8. Ne contaminez pas votre corps par des toxines, soit avec la nourriture, la boisson, ou les émotions toxiques. Votre corps est plus qu'un système de survie. Il est le véhicule qui vous transportera sur le chemin de votre évolution. La santé de chaque cellule contribue directement à votre état d'être ainsi, parce que chaque cellule est un point de prise de conscience dans le domaine de la sensibilisation qui est vous.

9. Remplacez le comportement motivé par la peur par le comportement motivé par l'amour. La peur est le produit de la mémoire qui réside dans le passé. Se souvenir de ce qui nous a fait mal avant, nous dirige vers nos énergies veillant à ce qu'une vieille blessure ne se répète pas. Mais essayer d'imposer le passé au présent ne fera jamais disparaître la menace d'être blessé. Cela arrive seulement quand vous trouvez la sécurité de votre propre être qui est l'amour. Motivé par la vérité à l'intérieur de vous, vous pouvez faire face à toute menace parce que votre force intérieure est invulnérable à la peur.

10. Comprenez que le monde physique est juste le miroir d'une intelligence profonde. L'intelligence est l'organisatrice invisible de toute matière et de toute énergie, et depuis une partie de cette intelligence réside en vous, que vous partagez dans le pouvoir d'organisation du cosmos. Parce que vous êtes relié de manière indissociable de tout, vous ne pouvez pas vous permettre de polluer l'air et l'eau de la planète. Mais à un niveau plus profond, vous ne pouvez pas vous permettre de vivre avec un esprit toxique, parce que chaque pensée provoque une impression sur l'ensemble du domaine de l'intelligence. Vivre en équilibre dans la pureté est le plus grand bien pour vous et pour la Terre.


Deepak Chopra
Titre original: Ten Keys to Happiness

 source : http://www.humanitysteam.fr

dimanche 29 mars 2015

Discours collectif "Ce qui nous réunit": un moment historique pendant les Rencontres du Printemps de l'éducation, le 22 mars 2015




Écoute, respect, diversité, confiance, humour, légèreté et fragilité sont les notes majeures qui ont composé notre gamme durant nos échanges au centre des Amanins les 14,15 et 16 novembre 2014. Les accords d’une nouvelle symphonie que nous, éducateurs, pédagogues, représentants d’institutions, mouvements et réseaux éducatifs avons commencé à co-créer, vous sont présentés dans ce récit qui a pour intention de poser les fondations de cette rencontre historique et d’en relater ainsi le fond et la forme. 

Son émergence a été possible grâce à l’orchestration précise et souple d’un processus d’intelligence collective par lequel les besoins de chacun ont pu être exprimés, entendus et accueillis avec bienveillance pour laisser place à l’innovation et à la créativité.  

A propos du processus…
Nous étions venus de tous les horizons : écoles, mouvements pédagogiques, associations citoyennes, institutions publiques… Chaque personne a été invitée à parler de son parcours, de son expérience, de ses valeurs et de ses convictions ainsi que de son engagement actuel en faveur de l’accompagnement des jeunes par l’éducation.

L’intention de départ, celle de faire se rencontrer dans un même espace, sans aucune autre attente, des enseignants et représentants de courants éducatifs qui ont autrement peu d’occasions de dialoguer, a permis une liberté dans notre communication. Aussi, le fait de nous rencontrer d’abord au niveau humain, ensuite au niveau de l’institution que nous représentions, a créé les conditions pour ce dialogue libre et pour chercher ensemble ce qui – dans notre diversité de vues et de pratiques – nous relie.

Un cadre ouvert conciliant liberté et sécurité a été proposé au groupe pour permettre à chaque personne de trouver sa place de manière créative. L’écoute empathique et la prise de décision au consentement ont été nos deux ''outils'' principaux.

Ce processus nous a permis d’expérimenter un rapport au temps différent de ce qu’un certain nombre d’entre nous a l’habitude d’expérimenter, ce qui a parfois amené à quelques impatiences, mais a néanmoins permis à chacun de trouver l’espace d’exprimer ses besoins, tant au niveau des contenus de la rencontre que de la manière de les aborder. Les facilitateurs*, véritables baromètres interactifs, ont rendu possible cette danse d’idées et d’émotions mêlées, qui a fini par trouver un rythme satisfaisant pour l’ensemble des participant-e-s.

Le respect de la diversité des points de vue et la confiance ainsi instaurée, ont permis :
des conversations pleines d’enthousiasme,
de vivre ce magnifique processus que l’on nomme ''intelligence collective'', source d’une émotion de joie profonde,
de libérer cette énergie créative dont nous avons tant besoin pour le changement éducatif auquel nous aspirons,
et enfin, d’avancer sur le chemin de ce qui nous relie.

Une invitation à réfléchir individuellement sur nos envies, nos besoins, ce qui pourrait nous réunir et nous séparer a conduit le groupe à vouloir échanger sur :
la vision, les valeurs, l’identité,
la diversité des pratiques,
l’agir ensemble,
les liens à tisser avec l’éducation nationale

Trois groupes se sont formés et ont proposé de :
– poser les bases d’une vision collective à partir de valeurs partagées
– trouver des pistes pour agir ensemble
– discuter de façon libre sans thème
Puis, deux groupes se sont à nouveau constitués. L’un a souhaité co-rédiger ce témoignage pour enraciner la naissance d’une rencontre inédite et prometteuse. Une façon de répondre à la fragilité d’un être en devenir. L’autre a rêvé de l’après rencontre de ces 3 jours aux Amanins. Nous nous sommes déjà retrouvés le 31 janvier 2015 dernier !

Le Printemps de l’éducation nous a présenté le projet des Rencontres nationales des 21 et 22 mars 2015. Chacun a émis le souhait d’y participer en son nom et/ou celui de son organisation. Cet événement est aujourd'hui l’occasion de partager avec vous notre vision et l’avancée de nos travaux de groupe.

Nous sommes heureux de livrer ici le premier fruit de cette vision collective :

Nous reconnaissons l’existence d’un plein potentiel chez chaque être humain et la tendance de ce potentiel à évoluer naturellement. 
Nous estimons que la réalisation du potentiel de chacun est vecteur de paix.
Nous pensons que lorsqu’un être humain est épanoui dans sa relation à lui-même, il l’est aussi dans sa relation aux autres et à son environnement, et que ces trois dimensions se nourrissent vertueusement.

Nous partageons la volonté que l’éducation permette à chacun :
de grandir dans la joie, le plaisir, le jeu, l’enthousiasme, la légèreté, la coopération, l’ouverture, le respect, la confiance, la tolérance,
de se développer sur les plans cognitif, émotionnel et physique dans le respect de la singularité et du rythme de chacun en lien avec son environnement,
d’expérimenter ce qui émerge spontanément : il est par conséquent nécessaire de prendre le temps d’observer et d’écouter,
de construire ses apprentissages, d’être accompagnés dans ses projets et ouverts au champ des possibles.

Nous estimons que chaque enfant et chaque jeune a besoin :
de pouvoir évoluer aux côtés d’éducateurs authentiques, ouverts, positifs, bienveillants, cohérents dans leurs paroles et leurs actes, conscients d’être des modèles et dont l’action est basée sur le savoir-être et la facilitation de l’accès aux apprentissages,
de vivre dans un espace qui est pensé, aménagé et propice pour un développement de toutes ses dimensions dans un équilibre dynamique,
de libérer sa curiosité, sa créativité, son imagination et son intuition,
de prendre conscience de sa capacité à être auteur et acteur de changement

Nous estimons que chaque enfant et chaque jeune a aussi besoin:
de cohérence et d’harmonie entre pensées, paroles et actions,
d’estime de soi et d’ambition,
d’altruisme, d’empathie et de bienveillance,
d’autonomie, de sociabilité et de responsabilité,
de citoyenneté, de paix et de communication non-violente,
de sensibilité à la nature et d’amour de la terre.

Aujourd’hui, après des années de division et d’éloignement, nous désirons œuvrer ensemble autour de ce qui nous rassemble en acceptant nos différences comme une source d’enrichissement. Nous le faisons sans étiquettes, dans la légèreté d’une recherche qui ne s’appuie pas sur des concepts achevés, mais prend en compte la complexité du monde actuel et la volonté d’aller au delà des clivages vers une approche transdisciplinaire. Notre désir est de faire évoluer nos pratiques au gré des observations, des échanges entre pairs et des nouvelles connaissances scientifiques sans jamais perdre de vue l’intention qui nous rassemble et nous motive, le bien-être des enfants et des citoyens qu’ils sont amenés à devenir.

Nous souhaitons à présent que ce magnifique élan qui nous a propulsé vers d’autres possibles nous donne l’énergie d’être opérationnel et accueille de nouveaux acteurs qui n’ont pas pu participer à cette rencontre ou qui en prennent tout juste connaissance.



Signataires co-rédacteurs :
Thomas Blettery – Ashoka France
Samuel Bonvoisin – Récit (Réseau des écoles de citoyens)
Henri Dahan – Fédération des Ecoles Steiner-Waldorf en France
Mauve Doyen – Living School
Muriel Fifils – Ecole Caminando / Ecole de la Nature et des Savoirs
Pascale Furnion – Enseignante Education Nationale et Graine d’école
Roland Gerard – Réseau Ecole et Nature
Roswitha Lanquetin – Unipaz
Fleur Mathet-Jolly – Ecole de la croisée des chemins
Isabelle Peloux – Ecole du Colibri / Les Amanins
Odette Peronnet – Graine d’école
Emilie Roudier – Ecole du 3ème Type
Isabelle Samson, animatrice pédagogique, 
OCCE
Catherine Schmider – Coordinatrice communication non violente et éducation (ACNV)
Isabelle Séchaud – Montessori France
André Stern – Mouvement écologie de l’enfance
Fabien Tora – Enseignant Education Nationale, Réseau CARDIE, Académie de Lyon
Antonella Verdiani – Printemps de l’éducation
Marie-Laure Wieser – Printemps de l’éducation


* Facilitateurs : Ivan Maltcheff et Céline Langlois