mardi 12 janvier 2010

D’une pédagogie de "l'entonnoir" à une du "ressort "…

Je suis d’accord avec Chris (voir son commentaire ci-dessous) en ce qui concerne la présence des personnes âgées dans les écoles (sans doute enrichissante pour les uns et pour les autres), mais au-delà des formes que cette nouvelle éducation devrait prendre,une révision de l’approche pédagogique est nécessaire et urgente. Car il s’agit de passer d’un acte de gavage (l’éducation confondue avec l’instruction) à un processus que je définis de libération des qualités des élèves, d’une pédagogie de l’entonnoir à une du « ressort » (comme le dit le scientifique et philosophe J.F.Lambert)…

Je crois que les premiers acteurs de ce processus devraient être les enseignants : beaucoup d'entre eux souffrent dans nos écoles à cause des programmes trop chargés, trop loin de la vie réelle, d’une hiérarchie inutile à l’intérieur de l’institution, de la violence des élèves à la recherche d’eux-mêmes et des limites à leur actes. Ils sont souvent démunis, ils n’ont jamais été formés à devenir des pédagogues (ou alors c’est rare), et des méthodes comme par exemple la médiation, la communication non-violente, la relaxation, etc. qui ont fait leur preuves dans la gestion de la classe sont encore loin d'être intégrées dans les écoles.

Mon intention n’est pas de refaire le monde avec une énième pédagogie, mais de fournir aux enseignants, aux élèves, et aussi aux parents et aux grand- parents des nos écoles, une formation transdisciplinaire, selon une approche éducative intégrale, qui ne sépare pas l’esprit du corps, des émotions, de l’intellect … ce que j'appelle "éducation à la joie".

1 commentaire:

  1. Certes Antonella, je partage complètement cette approche (sinon je ne perdrais pas mon temps ni celui de tes lecteurs). Je pratique cette "éducation intégrale" avec mes élèves d'arts martiaux, où nous touchons à la fois eu corps, et coeur, à l'intellect, et donc j'ai une notion concrète de la forme que cela peut prendre, bien que dans un contexte différent, je le reconnais (le point clé étant qu'ils sont là par décision personnelle, et peuvent partir quand ils veulent, ce qui n'est pas le cas dans un système scolaire). Donc, mon doute, mon sujet d'intérêt est: Quelle structure mettre en place? Car ne sommes-nous pas confrontés à un problème de "poule et oeuf"? Formet les enseignants... MAis comment? N'est-il pas plus facile de former les élèves. Alors tu vas me répondre "mais qui forme les élèves". Effectivement, la solution serait de faire ce que les Américains appellent du TTT (Train The Teacher), pour "bootstrapper" (pardon pour tous ces Anglicismes) l'opération, pour la démarrer. Et attendre un effet de contagion jusqu'à ce qu'une masse critique se forme, à partir de quoi le phénomène s'emballe. Ce qui était marginal devient normal, et ce qui était normal devient ringard.
    MAIS le problème à ne pas sous-estimer est la résistance du corps enseignant lui-même. Contrairement à l'intuition, les enseignants sont souvent les plus conservateurs, les plus anti-changement. Te souviens-tu des manif. et grèves du corps enseignant, voilà une dizaines d'année, lors de la mise en place des TPE dans les lycées: C'étaitn cross-disciplinaire, donc les profs se disaient non-préparés, etc... Et l'an passé, manif et grève pour protester CONTRE la suppression des TPE ! Il ne faut pas le cacher: Il existe une frilosité, une inertie du corps enseognant qui en a ammené beaucoup à "baisser les bras". C'est pourquoi je suis plutôt en faveur d'une approche "mixte": suffisamment en dehors de l'éducation classique pour avoir une grande souplesse, mais pas complètement en dehors afin de ne pas se faire ostraciser. Je persiste donc à penser qu'un accord du type CHAM (auquel je faisais référence dans mon précédent comment) serait peut-être une bonne solution. Mais ne nous leurrons pas: cela signifie qu'il faut avoir, "en haut lieu", une personne capable de comprendre ce besoin d'éducation intégrale, convaincue que le plan proposé a de la valeur, et qui est envie de le mettre en place. En d'autres termes, quelqu'un du carisme de Jack Lang, qui a pu (non sans mal) faire accepter ce protocole avec l'Èducation Nationale pour les CHAM et autre PAC.
    Car si l'idée est de dire "il faut former les enseignants". Très bien. Mais il faut surtout et d'abord un cadre d'opération. Car le cadre actuel, avec son inertie et ses frilosités, n'est pas adéquat à mon avis.

    RépondreSupprimer

Membre du