vendredi 8 janvier 2010

Pilules/pills/pastiglie: la joie

Dans le langage courant, la joie est associée à une émotion, à un état passager. Pourtant, son sens d’origine est tout autre que éphémère, car sa lointaine étymologie sanskrite nous renvoie au terme de yuj (la même que de yoga), généralement traduit par "union de l’âme individuelle avec l’esprit universel". Il y a ici un sens de reliance entre le terrestre et le céleste, de l’homme avec le divin et des hommes entre eux, une dimension sacrée de la joie qui s’est perdue dans les temps, surtout dans la culture occidentale. Une fois le lien rétabli, la joie investit de façon indirecte (car elle y « contribue ») tous les aspects de la vie et ramène au concept de joie de vivre en tant que sentiment exaltant ressenti par toute la conscience, toutes les dimensions de l’être. D’une simple émotion, elle se transforme en sentiment, état ; elle redevient manifestation de la reliance de l’âme individuelle avec une dimension supérieure. Par ce chemin, elle envahit la totalité de l’être et relie le « haut » et le « bas », l’espace intérieur et extérieur, le sujet et l’objet, l’individu et les autres.

1 commentaire:

  1. Et bien, il y a du boulot! Car si l'on revient à la définition de Education (que j'ai faite dans mon précédent commentaire: e-ducere: faire sortir de soi), on est forcé d'admettre que notre Èducation Nationale est plutôt une Inculcation Nationale, non? (in-calcare:Forcer avec le talon).C'est exactement celà: Bourrer avec le talon le sacro-saint Programme dans nos chères têtes blondes...Brr..rien que le mot "programme" me fait frémir. Ca va bien pour les ordinateurs, mais pour les enfants? D'autant qu'il est inculqué avec son cortège de frustration, d'échec, de comparaison à travers le système de notes ("il a eu une meilleure note que moi donc je suis moins bon que lui). De la comparaison naît la compétition, donc la fragmentation, donc l'isolation et l'individualisme. Rien à voir avec la Joie (en tant qu'union) dont vous parlez. Alors oui, il y a certainement la place pour un système basé sur le développement personnel, sur l'appréciation de la différence de l'autre non pas comme une source de conflit mais comme une source d'enrichissement. Non pas commme "il va prendre ce que j'ai" mais comme "il va me donner ce qu'il a et je vais lui donner ce que j'ai". Mais comment faire? Comment altérer un système qui s'auto-génère? (les élèves d'aujourd'hui sont les profs de demain et répèteront le modèle à l'infini). Sans tomber dans le sectarisme révolutionnaire (on fait des écoles à part), n'y a t-il pas possibilité d'envisager une scolarité mixte à horaires alternés? Cela se fait pour la musique (CHAM)ou PAC (Projet Artistique et Culturel), selon le protocole établi en 2000 par Jack Lang et l'Education Nationale... On aurait le matin des cours de "fondamentaux" (le fameux Programme: Lire-ècrire-compter). Et l'après-midi, une relation de "mentoring", oú nous pourrions mettre à profit les personnes du 3ème âge, qui seraient ravies de contribuer au développement de jeunes. En somme, renouer avec la relation de Compagnonnage (ou de Maître-disciple) disparue après le Moyen-âge. Il joueraient alors le rôle d'Enseignant, au sens propre du terme. Allez, puisque nous avons commencé avec l'étymologie, finissons aussi: Ensinare: Montrer (comme une enseigne lumineuse). Et il me semble que beaucoup d'enseignants ne sont que des inculcateurs, hélas...

    RépondreSupprimer

Membre du