vendredi 19 août 2011

AUROVILLE, 15 aout 2011



Le traditionnel Dawnfire (le Feu à l'aube) pendant la méditation collective à l'aube dans l'amphithéâtre d'Auroville pour la célébration de l'anniversaire de la naissance de Sri Aurobindo et la fete de l'indépendance en Inde. 


Auroville, dont le nom signifie « la cité de l'Aurore » est située près de la Côte de Coromandel à dix kilomètres au nord de la ville de Pondichéry, ancien comptoir français dans le Tamil Nadu en Inde du Sud.  Cette ville a été créée d’après la vision de Mère, Mirra Alfassa Richard, considérée comme la compagne spirituelle de Sri Aurobindo. Si le concept d’une communauté internationale consacrée à l’unité humaine, trouve ses origines dans les oeuvres de ce dernier, ce sera pourtant la Mère qui lui donnera une forme concrète, et qui déclarera en 1965 :

« Auroville veut être une cité universelle où hommes et femmes de tous les pays puissent vivre en paix et harmonie progressive au-dessus de toute croyance, de toute politique et de toute nationalité. Le but d’Auroville est de réaliser l’unité humaine »[1]

Pour la bâtir, une poignée de jeunes, en majorité des français, se lance donc à la fin des années soixante dans la construction d’un projet de ville de 50,000 habitants : le site choisi est un plateau désertique à basse altitude, très érodé, s’étendant à l’est vers la mer. À cette époque, dans la région il n’y a rien que de la terre rouge avec un seul petit arbre au milieu (le banian aujourd’hui au centre de la ville), « dans un état de désertification avancé ». Pourtant, la motivation est forte, comme l’expliquent les Auroviliens[2] interviewés :« les gens sont arrivés à cause d’un appel intérieur (…), un rêve d’enfance jamais formulé ni compris » dit Gilles, un de ces pionniers, qui continue :

« Mère disait : n’importe quel touriste vient toujours à cause d’un appel intérieur, peut-être il n'en a pas conscience, mais c’est toujours un appel intérieur. Donc, pour moi, je me suis très rapidement rendu compte que c’était un appel intérieur, qu’en fait ça correspondait à un rêve d’enfance que je n’avais jamais formulé ni compris, (…) je suis persuadé que je suis né pour Auroville, c’est marqué sur mon âme et il n’y a rien d’autre à faire (…). Il faut une certaine dose d’héroïsme, c’est un yoga en général, c’est l’héroïsme de chaque instant. Parce que, fondamentalement, la chose absolument essentielle c’est la maîtrise de l’ego et des désirs...», un appel intérieur qui s’est confronté à la rudesse de la situation extérieure.


Une terre désertique à la fin des années soixante

Dans un climat subtropical, avec des étés très chauds et de fortes pluies dans la saison des moussons, le premier groupe de résidants doit faire face à l’érosion et la sécheresse, dans des conditions hygiéniques et matérielles dures, motivés cependant par la construction de cette « utopie sur terre », comme l’appelle Mère. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans les années qui ont donné lieu à Mai ’68 et aux mouvements hippies dans les Etats-Unis : ce rêve d’humanité nouvelle rejoint en cela le rêve du changement social imaginé par la jeunesse du moment.  L’une des priorités des résidents a été donc la régénération forestière et le reboisement de la région : des milliers d’arbres et d’arbustes (plus de 2 millions à ce jour) sont plantés. Après plus de quarante ans, un résultat évident du point de vue environnemental, est la création à Auroville d'une région très verte et à moitié couverte de forêts, développement qui n’utilise aucune technologie polluante, mais des systèmes qui engendrent des énergies durables.

La ceinture verte aujourd’hui

Depuis ses débuts, le souci de ses fondateurs a été d’inscrire Auroville dans un cadre officiellement reconnu par la communauté internationale, soutenu par l’Etat indien. C’est pour cela qu’en 1966, le projet d'Auroville est présenté auprès de la Conférence générale de l'UNESCO par le Gouvernement indien et approuvé à l'unanimité : ce soutien continuera de façon régulière jusqu’à nos jours avec, par exemple, la célébration des quarante ans d’Auroville à l’UNESCO le 10 octobre 2008. Le 28 février 1968 des représentants de 124 pays et de tous les états de l'Inde s’étaient réunis pour inaugurer officiellement Auroville et déposaient sa Charte qui déclare :

« 1. Auroville n'appartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute l'humanité dans son ensemble. Mais pour séjourner à Auroville, il faut être le serviteur volontaire de la Conscience Divine.
2. Auroville sera le lieu d’une éducation perpétuelle, du progrès constant et d'une jeunesse qui ne vieillit point.
3. Auroville veut être le pont entre le passé et l'avenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, Auroville veut hardiment s'élancer vers de futures réalisations.
4. Auroville sera le lieu de recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une réelle Unité Humaine. »[3]

Après la mort de la Mère, en 1973, Auroville a connu une passe difficile. Les Auroviliens en conflit avec l’Ashram doivent lutter pour la survie de leur expérience et développer les moyens de maintenir la cité en fonctionnement. En 1980, une décision de la Cour suprême de l'Inde permet aux résidents d'Auroville de poursuivre sans entraves leur action. En 1988, le Gouvernement de l'Inde accorde à Auroville un statut spécial et crée la « Fondation d’Auroville » par un Acte du Parlement. La Fondation comprend trois groupes distincts : le Conseil d’Administration (Governing Board), le Conseil Consultatif International (International Advisory Council) et l’Assemblée des Résidents (Residents Assembly). Cette dernière est constituée de tous les Auroviliens à partir de 18 ans et plus, dont les noms sont inscrits sur la liste officielle (Master List) des Résidents d’Auroville.


Du point de vue du dessin urbain, le plan présente un concept  original basé sur l’idée d’une galaxie en forme de spirale constituée de quatre zones convergentes : les zones internationale, culturelle, industrielle et résidentielle entourées par la Ceinture Verte (Green belt). À leur point de rencontre, au coeur géographique de la ville, se situe un édifice en forme de sphère dorée (de 29,5 m. de hauteur et de 36 m. de diamètre,) le Matrimandir, temple de la Mère, (à entendre comme la force spirituelle féminine qui gouverne l’univers, la suprême Shakti, et non relatif à la personne de Mirra Alfassa), endroit dédié à la concentration silencieuse.

La cité d’Auroville, qui a une croissance régulière, compte aujourd’hui 2500 habitants environ, venant de 44 pays différents : les indiens représentent  41%, suivis par les français (15%). On peut affirmer que Auroville n’est pas une communauté, mais un ensemble (une centaine) de communautés, de taille et de caractéristiques diverses, qui se situent sur les terres appartenant à la ville, parmi des villages indiens, sur une superficie totale de 20 km2. Les activités des habitants sont diverses et vont de l’agriculture et la régénération des sols, à l’éducation, la santé, le travail de proximité, le commerce et l’administration.


[1] Recueilli par Satprem dans L’Agenda de Mère, Institut de recherches évolutives, Paris, 1991
[2] Aurovilien s’écrit avec un seul « l », selon la règle décidée par les habitants.
[3] Disponible sur le site internet d’Auroville : www.auroville.org


1 commentaire:

  1. Le 15 Août 2011 (anniversaire de Sri Aurobindo)
    anniversaire de la vierge et anniversaire de la
    Libération de L'Inde du joux des Anglais.
    Ce n'est pas un hasard! nous dit Mère...
    Mentalement,c'est une naissance dont le souvenir
    durera éternellement dans l'histoire universelle.
    1872-1950.ôm Aravinda. aum namo bhagavaté en vous tous.gégé de Dunkerque.FR.

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